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Quel est votre lieu préféré sur terre ?

Le Mont St-Anne près de Québec. D’abord parce que j’adore la montagne et qu’on s’y trouve à la frontière de Nitassinan. J’ai une relation privilégiée avec ce lieu puisque j’y ai habité pendant 10 ans et que j’y possède encore une résidence secondaire. Je suis un adepte de vélo de montagne et j’aime le fait de me retrouver dans cet environnement occupé par les sportifs de montagne. C’est sans doute l’endroit où je me sens le mieux.

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Quel est votre rapport au maritime, votre lien avec l'horizon, l'air du large, le son des vagues ?

J’aime la montagne, mais j’aime la mer aussi, bien sûr. Ne serait-ce que pour l’horizon, les parfums et le rythme que l’environnement maritime induit sur la vie des gens. Comme la montagne, la mer est tout à la fois belle, douce et menaçante. On se sent sur une frontière fragile dans ce  type d’environnement.

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De quel endroit, de quelle atmosphère avez-vous besoin pour écrire ?

Ma réponse ne sera pas tellement romantique, car l’endroit m’importe peu. Je peux écrire pratiquement n’importe où, parce que quand j’écris, je suis plongé dans mon monde intérieur et coupé du monde extérieur. Je peux être entouré de bruits; dans un café, dans un autobus, par exemple. J’ai d’ailleurs écrit un roman en partie dans le transport en commun. Je n’ai donc pas besoin d’un beau bureau ou d’un endroit dédié. À la maison, je peux écrire avec mon ordinateur portable sur le comptoir de cuisine, dehors sur la terrasse, ou dans le salon au bord du feu. Et si l’endroit n’a pas tellement d’importance, en revanche, ce dont j’ai besoin pour écrire, c’est de temps.

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Quel est votre mot préféré ? Quel usage, quel sens lui préférez-vous ?

En innu, j’adore le mot kukum. C’est d’ailleurs le titre d’un de mes romans. C’est un mot rond, doux et enveloppant qui signifie grand-mère et qui possède une sonorité magique.

En français, étonnamment, j’aime beaucoup le mot zénith. Peut-être est-ce le z, mais tout de suite le mot nous laisse une impression de hauteur, de sommet.

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Quel·le·s sont les auteurs et autrices qui vous accompagnent depuis longtemps ?

Je ne sais pas s’ils sont tous une source d’inspiration, mais ils sont certainement plusieurs à m’accompagner. Je suis un grand fan de Romain Gary. La promesse de l’aube est le plus beau livre que j’ai lu. D’ailleurs, je ne lis pas tous les titres de Romain Gary. C’est une manière  de le grader vivant.

J’aime aussi beaucoup Andreï Makine, cet auteur russe qui écrit en français. Delphine de Vigan aussi. Bien que ses livres soient inégaux, ils sont toujours bien écrit. Henning Mankell,  pas tellement pour ses romans policiers, mais plutôt pour ses romans psychologiques. Sa façon de créer des ambiances en contournant l’effort descriptif m’a beaucoup inspiré. C’est aussi ce que je tente de créer dans mes romans: des ambiances ressenties plutôt que des descriptions de lieux.

Je lis aussi Frédéric Beigbeder. J’ai adoré Un roman français. J’ajouterais à la liste Ryszard Kapuscinski, un journaliste polonais qui a notamment couvert l’Afrique et qui a été témoin de tous ses bouleversements. Son livre Ebène nous amène à découvrir l’Afrique avec beaucoup d’humanité.

Je suis aussi un grand lecteur de Gabrielle Roy. La détresse et l’enchantement est le livre québécois qui, encore à ce jour, m’a le plus touché. 

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Quels livres reposent patiemment sur votre table de chevet ?

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Quelle place occupent les librairies dans votre vie ?

Je suis un adepte de librairies et depuis très longtemps d’ailleurs. J’ai mes habitudes à la Librairie Larico à Chambly qui est tenue par une famille de libraires passionné·e·s et compétent·e·s. J’achète local et ça vaut aussi pour les livres. À Québec, je vais fréquemment chez Pantoute que j’ai d’ailleurs découvert à travers les livres de Jacques Poulin.

La magie des petites librairies, c’est d’en ressortir chaque fois avec un livre qu’on ne cherchait pas. Je ne demande pas souvent l’avis des libraires, mais leur service-conseil passe aussi par la mise en place des livres sur les tables et c’est généralement très inspirant.

Près du travail, il y a La Livrerie (librairie coopérative) que j’aime beaucoup et où je vais souvent écrire avec un bon café. Les libraires y présentent une sélection de livres que j’apprécie particulièrement.

Quand je voyage, les librairies sont pour moi un passage obligé. Elles créent des ambiances où je me sens toujours bien. Plus la librairie est littéraire, mieux je m’y sens à ma juste place.

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Chez Flottille, on aime dire de la littérature qu’elle est μεταφορά | metaphorá, qu’elle porte le sens.

C’est ce qui nous a fait naître artisan·e·s libraires. De la libraire, nous avons la passion d’admirer et comme l’artisan·e, nous déployons l'œuvre vers la communauté.

 

Nous disons aussi que cette passion nous porte à ...

◎ Lire, comme respirer, un acte vital et nécessaire.  

⏀ Réfléchir pour faire un usage fécond de la pensée et reconnaître que la vie en a été subtilement altérée.

⏂ Partager pour convoquer la poésie d’une bouteille lancée à la mer, pour laisser fuir les limites intimes de la lecture.

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Et vous ? Quel est votre rapport à la lecture, à la littérature ?

Comment définissez-vous cet acte qui vous porte à ...

◎ Lire pour découvrir, pour faire voyager dans d’autres univers.

⏀ Réfléchir pour saisir toutes les couches que recèlent les histoires.

⏂ Partager, mais plus encore, ressentir l’âme du livre pour en demeurer imprégné.

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