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J’aime voyager et j’ai eu la chance de visiter bien des contrées qui ont un accès à la mer: l’Espagne, l’Orégon, la Bretagne, l’Écosse, le Cambodge, le Mexique.

Et à chaque fois que j’ai mis les pieds dans l’eau, j’ai eu l’impression d’être sur le bord d’une route maritime qui relie tous ces pays. C’est la même eau qui lèche tous ces rivages.

Pour les aborder tous, il suffit d’embarquer sur un bon bateau, de ne pas avoir le mal de mer et de se laisser dériver au gré des courants et des vents. 

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Quel est votre rapport au maritime, votre lien avec l'horizon, l'air du large, le son des vagues ?

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De quel endroit, de quelle atmosphère avez-vous besoin pour créer ?

La fenêtre de mon atelier donne sur un jardin  où domine un grand catalpa qui appartient à des écureuils.

On ne peut rêver d’un meilleur endroit pour écrire. Et pourtant, j’ai écrit la plupart de mes histoires dans des lieux autrement différents : A la terrasse d’un café bondé, sous le porche d’un presbytère ou même dans un cimetière.

En fait,  ce n’est pas vraiment moi qui décide de l’endroit où j’écris. Je saute à bord du train de l’inspiration quand il passe.

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Don Quichotte est le personnage de la littérature qui m’inspire le plus.

Ce héros de Cervantès est en fait un anti- héros. Après avoir abusé de romans chevaleresques, cet Hidalgo exalté part à son tour défendre les opprimés et combattre les forces du mal.

Don Quichotte est un rêveur au cœur pur qui se voit en preux chevalier alors que ses déconvenues tragicomiques l’écrapoutissent au rang de malheureux vagabond.

Peu importe, il se relève toujours afin de poursuivre son idéal inaccessible.

Pour moi, Don Quichotte, c’est l’image de l’humanité avec ses idéaux  théâtraux et ses désillusions crève-cœur. 

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Quel personnage de la littérature vous a habité le plus fort ?

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Quel·le·s sont les auteurs et autrices qui vous accompagnent depuis longtemps ?

Choix difficile.

Allons-y avec : Marguerite Yourcenar, Primo Levi, Gabrielle Roy, Guy de Maupassant, Jean de La Fontaine.

Leurs œuvres sont toujours à portée de la main. Ces auteurs ont en commun un formidable talent d’observation. Ils voyagent dans des contrées et des paysages aujourd’hui parfois disparus. On découvre avec eux une faune humaine attachante, étonnante et parfois terrifiante.

Pour moi, ces auteurs exceptionnels sont de savants raconteurs. Des anthropologues qui partagent leurs carnets de recherche. En relisant leurs travaux à différentes périodes de notre vie, nous nous enrichissons de nouveaux enseignements.

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En ce moment, sur ma table de chevet , il y a des livres qui me transportent toutes les nuits au Nutshimit, le pays boréal de Joséphine Bacon.

Il y a  le précieux Kukum de Michel Jean et les drôles de récits de René Fumoleau , ce prêtre peu connu qui est devenu Dènè par osmose ( 50 ans chez les Dènès. Geste Éditions )

Je suis atterré d’avoir attendu si longtemps avant de découvrir cette  littérature autochtone. Mieux vaut tard que jamais.

Et juste à côté de cette pile, il y a La fin de l’homme rouge de Svetlana Alexievitch

qui nous offre des pistes pour explorer les mystères de l’âme russe  et les méandres dogmatiques d’un Poutine.

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Quels livres reposent patiemment sur votre table de chevet ?

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Quelle place occupent les librairies dans votre vie ?

Lorsque je débarque dans un patelin que je ne connais pas, je visite systématiquement trois endroits : Le café, le cimetière et la librairie.

Les deux premiers endroits me révèlent des indices importants sur la vie présente et passée des habitants du coin.

À la librairie, j’arrive en terrain connu. Comme dans un club privé dans lequel j’ai mes habitudes. Il y a les beaux étalages, les titres conseillés par le libraire qui est, règle générale, une personne sympathique et affable qui éprouve un réel plaisir quand il nous fait découvrir un nouvel auteur.

Dans la librairie, il y a le calme feutré et l’odeur du papier. 

J’éprouve le même bonheur quand je mets les pieds dans la librairie d’un pays dont je ne parle pas la langue. Je feuillette les beaux livres sans pouvoir en déchiffrer le contenu.

Je me sens alors comme un illettré qui manipule des petits coffres précieux recelant mille trésors. 

Évidemment, je n’achète pas de romans que je ne peux pas lire. En revanche, je ramène toujours des livres pour enfants. Je peux  alors plus ou moins  inventer des histoires qui marchent bien avec les images. 

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